CHANTHY – Sculpture en grès d'une Cambodgienne
Réalisée en grès de Noron, choisi pour sa couleur rouge rappelant les terres de la campagne cambodgienne, cette sculpture met en valeur la matière brute et les traces du façonnage manuel. Chaque détail est pensé pour traduire une émotion et faire émerger une présence, invitant le spectateur à dépasser la simple contemplation pour rencontrer une histoire.
Voici son histoire :
" Je m’appelle Chanthy. J’ai quarante ans. Je suis née à Boeung Kak, au bord du lac. J’y ai grandi, j’y ai eu mes enfants, j’y ai enterré mes parents. C’était notre maison, notre terre. On n’était pas riches, mais on vivait. Le matin, je vendais des beignets au marché. Mon mari réparait des motos. Nos enfants allaient à l’école pas loin. On connaissait tous nos voisins, on partageait le peu qu’on avait. On avait la paix.
Et puis un jour, ils sont venus.
Des gens bien habillés, avec des papiers, des sourires qui n’étaient pas sincères et des bulldozers. Ils nous ont dit que le terrain allait être “développé”, que c’était pour le bien du pays. Qu’ils allaient construire des immeubles, des routes, des centres commerciaux. Ils nous ont promis des compensations. Mais ce n’étaient que des mots. Des promesses en l’air.
Peu à peu, le lac a disparu. Remblayé. Enterré. Avec lui, nos souvenirs, nos vies, nos repères. On nous a donné une misère en échange de notre maison. J’ai protesté. J’ai crié dans la rue avec d’autres femmes, d’autres mères. On nous a traitées de sauvages, d’agitées. On nous a dit de nous taire. On nous a traînées devant les tribunaux. Mais on a tenu bon. Pas parce qu’on aimait les conflits, non. Parce que c’était juste. Parce qu’on ne peut pas arracher les racines d’un peuple comme on rase un champ.
J’ai vu des maisons s’écrouler, le sol se fissurer, des voisins pleurer. J’ai vu la peur dans les yeux de mes enfants quand la police est venue. J’ai dormi sur des nattes au bord de la route, j’ai parlé dans des micros, j’ai même été arrêtée. Mais je ne regrette rien. Parce que dans cette lutte, j’ai retrouvé une force que je ne soupçonnais pas. Et une sororité incroyable. Les femmes du quartier, main dans la main. On n’était pas faibles. On était debout.
Depuis, on vit dans un camp de relogement, loin de tout. Pas d’école correcte, pas de travail, pas d’eau potable parfois. Je me sens étrangère dans mon propre pays. Ce qu’on a vécu, ce n’est pas une “erreur administrative”. C’est une injustice. Une violence qui ne laisse pas de bleus visibles, mais qui ronge l’intérieur.
Je suis bouddhiste, oui. Mais ça ne veut pas dire que je dois rester silencieuse face à l’injustice. Bouddha n’a jamais dit de baisser les yeux devant le mal. Il a dit de cultiver la sagesse, la compassion… et le courage.
Mes enfants me demandent pourquoi on a dû partir. Je n’ai pas de réponse. Juste une colère sourde, une tristesse que je cache derrière le silence.
On dit que les arbres déracinés meurent. Mais parfois, ils repoussent ailleurs. J’essaie d’y croire. "
Matériau
-
Grès de Noron (Normandie)
-
Sculpture entièrement façonnée à la main
Dimensions
-
Longueur : 25 cm
-
Largeur : 22 cm
-
Hauteur : 26 cm
Poids
-
3,125 kg
Inclus avec la sculpture
-
Certificat d’authenticité
-
Fiche d’entretien
-
Texte racontant l’histoire de Chanthy
Livraison
Cette sculpture étant une pièce unique en céramique fragile, il est fortement recommandé de venir la récupérer directement à l’atelier afin d’éviter tout risque d’endommagement lors du transport.