CHANNARY – Sculpture en grès d'une Cambodgienne
Channary est une sculpture en grès entièrement façonnée à la main, inspirée d'une rencontre au Cambodge. Cette pièce unique fait partie de la collection Un buste, une histoire de Au grès du monde, une série de sculptures et de céramiques qui témoignent de parcours de vie, de traditions et de réalités sociales rencontrés lors de missions d'aide au développement.
À travers le visage de Channary, cette sculpture évoque les blessures invisibles laissées par le régime des Khmers rouges. Son regard raconte une enfance privée d'amour, de repères et de liberté, mais aussi le long chemin vers la reconstruction. Elle rend hommage à toutes celles et ceux qui portent encore les traces d'un passé traumatique tout en cherchant, malgré tout, à transmettre un avenir plus doux aux générations suivantes.
Réalisée en grès de Noron, choisi pour sa couleur rouge rappelant les terres de la campagne cambodgienne, cette sculpture met en valeur la matière brute et les traces du façonnage manuel. Chaque détail est pensé pour traduire une émotion et faire émerger une présence, invitant le spectateur à dépasser la simple contemplation pour rencontrer une histoire.
Voici son histoire :
" Je m’appelle Channary. Les Khmers rouges sont arrivés dans mon village quand j’avais à peine quatre ans. Ma mère m’a prise dans ses bras, mais peu après, elle a disparu, emportée par la terreur qui balayait tout sur son passage. Mon père, lui aussi, a disparu, sans que je sache jamais où, ni comment.
Je me suis retrouvée seule, perdu dans un monde froid. On m’a emmenée dans ce qu’ils appelaient une école, mais c’était un camp d’endoctrinement. Là-bas, on ne m’a pas appris à aimer, à rêver, à être une enfant. On m’a appris à obéir, à oublier qui j’étais. Chaque jour, les mêmes chants, les mêmes slogans, les mêmes leçons de haine contre le passé, contre les familles, contre l’amour.
J’avais faim, j’avais peur, mais je ne pouvais pas le montrer. La moindre faiblesse se payait cher. J’ai vu des enfants tomber, disparaître, ne plus revenir. Les adultes qui s’occupaient de nous semblaient eux aussi prisonniers, avec des regards vides, des gestes durs.
Je ne savais pas ce que voulait dire “famille”. Je ne savais pas comment on s’aimait. Je ne savais pas ce qu’était un sourire sincère, un geste tendre. Le seul sentiment que je connaissais, c’était la peur. La peur de mal faire, la peur d’être punie, la peur d’être oubliée.
Après la chute du régime, j’ai été récupérée par une tante éloignée. Mais ce n’était pas facile. J’avais peur des autres, je ne savais pas comment parler, comment aimer. Je suis restée longtemps enfermée dans ce silence qui me protégeait, mais qui me coupait aussi des autres.
Aujourd’hui, quand je regarde mes enfants, je ressens ce vide qui m’habite. Je voudrais pouvoir leur offrir tout ce que je n’ai jamais eu : des bras chauds, des mots doux, un foyer rassurant. Mais parfois, je me sens étrangère dans ma propre vie, incapable d’échapper à la petite fille que j’étais alors."
Matériau
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Grès de Noron (Normandie)
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Sculpture entièrement façonnée à la main
Dimensions
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Longueur : 24 cm
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Largeur : 17,5 cm
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Hauteur : 22,5 cm
Poids
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2,750 kg
Inclus avec la sculpture
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Certificat d’authenticité
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Fiche d’entretien
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Texte racontant l’histoire de Channary
Livraison
Cette sculpture étant une pièce unique en céramique fragile, il est fortement recommandé de venir la récupérer directement à l’atelier afin d’éviter tout risque d’endommagement lors du transport.