LINA – Sculpture en grès d'une Cambodgienne

Un buste, une histoire
500,00 €

Lina est une sculpture en grès entièrement façonnée à la main, inspirée d'une rencontre au Cambodge. Cette pièce unique fait partie de la collection Un buste, une histoire de Au grès du monde, une série de sculptures et de céramiques qui témoignent de parcours de vie, de traditions et de réalités sociales rencontrés lors de missions d'aide au développement.

À travers le visage de Lina, cette sculpture rend hommage aux femmes cambodgiennes qui avancent avec courage dans un quotidien parfois marqué par les difficultés sociales et économiques. Son regard raconte la force, la dignité et la capacité à construire malgré les obstacles. Elle incarne ces femmes souvent discrètes, dont les histoires restent peu entendues, mais qui jouent un rôle essentiel dans la société cambodgienne.

 

Voici son histoire : 

"Je m’appelle Lina. J’ai trente-sept ans. J’habite dans un petit village près de Kampong Thom. Je suis mariée depuis dix-neuf ans. On pourrait croire que c’est une longue histoire d’amour, mais ce n’est pas ça. Mon mari me frappe. Il crie. Il me menace. Parfois pour rien, parfois juste parce que le repas est un peu froid ou parce que j’ai parlé trop fort. Ou pas assez. Il trouve toujours une raison.

Au début, je pensais que c’était moi. Que je faisais mal. Ma mère m’avait dit : « Un mari, ça se respecte. S’il se met en colère, c’est que tu n’as pas été assez douce. » Alors je me suis tue. J’ai encaissé. Quand il a levé la main pour la première fois, j’ai pleuré toute la nuit sans faire de bruit, pour que les enfants ne se réveillent pas. Quand il a recommencé, j’ai mis un foulard pour cacher les bleus.

On dit souvent ici que la femme est la racine de la maison, qu’elle doit être patiente, solide. Mais parfois la racine pourrit, lentement, à force de souffrance. J’ai longtemps cru que c’était mon destin. Peut-être que dans une vie passée, j’avais fait du mal. Peut-être que je devais expier.

Je priais beaucoup. Je demandais à Bouddha de m’aider à être meilleure, plus douce, plus forte. Mais jamais je ne priais pour qu’il change, lui. Je pensais que c’était interdit. Qu’on ne pouvait pas demander la liberté.

Mes enfants ont grandi dans cette peur. L’un d’eux m’a dit un jour : « Maman, pourquoi tu restes ? » Et je n’ai pas su quoi répondre. Parce que j’avais peur. Parce que je n’avais pas d’argent. Parce que j’étais fatiguée. Parce qu’on m’avait appris à obéir, pas à fuir.

Mais ce jour-là, quelque chose s’est fissuré en moi.

Je ne suis pas encore partie. Je n’ai pas encore fui. Mais je parle. À une voisine. À une infirmière. À une femme du marché qui m’a reconnue dans mes silences. Parler, c’est déjà un pas. Un petit pas vers une autre vie. Une vie où mes filles ne penseront pas que la douleur est normale. Où mes fils apprendront à aimer sans dominer.

Je suis encore brisée, mais je ne suis plus invisible. Et un jour, peut-être, je partirai. Peut-être que ce jour-là, j’emporterai juste quelques vêtements, un passeport, un carnet, et beaucoup de courage. Mais ce sera suffisant.

Je crois que Bouddha ne m’en voudra pas de vouloir vivre."

 

Matériau

  • Grès de Noron (Normandie)

  • Sculpture entièrement façonnée à la main

Dimensions

  • Longueur : 29 cm

  • Largeur : 20 cm

  • Hauteur : 27 cm

Poids

  • 3,850 kg

 

Inclus avec la sculpture

  • Certificat d’authenticité

  • Fiche d’entretien

  • Texte racontant l’histoire de Lina

 

Livraison

Cette sculpture étant une pièce unique en céramique fragile, il est fortement recommandé de venir la récupérer directement à l’atelier afin d’éviter tout risque d’endommagement lors du transport.

 

Une œuvre entre art et mémoire

Cette sculpture s’inscrit dans une démarche artistique engagée, où chaque pièce devient un support de transmission. À travers elle, l’artiste donne forme à des récits de vie singuliers, en lien avec son immersion au Cambodge, et interroge notre rapport à l’histoire, à la mémoire et à la résilience.