NEANG SOKHA – Sculpture en grès artisanale, pièce unique inspirée du Cambodge

Pièce unique
500,00 €

NEANG SOKHA est une sculpture en céramique artisanale, façonnée à la main en grès de Noron. Cette pièce unique rend hommage à la mémoire, à la résilience et aux parcours de vie marqués par l’histoire du Cambodge.

À travers cette œuvre, la céramique devient un moyen d’expression puissant, entre art contemporain et témoignage humain. Les formes, les volumes et la matière traduisent une présence forte, empreinte de dignité et de profondeur.

Réalisée entièrement à la main, NEANG SOKHA est une sculpture habitée, pensée pour susciter l’émotion, inviter à la réflexion et faire exister des récits souvent invisibles.

 

Voici son histoire :

"Je m'appelle Neang Sokha. J’ai soixante-douze ans, mais parfois je sens que j’en ai cent. Mon corps me fait mal, mais ce n’est rien comparé à ce que mon cœur porte depuis tant d’années. J’habite seule, dans une petite maison en bois, non loin de Phnom Penh. Mes enfants sont partis. Certains ne sont pas loin, d’autres… je n’en sais rien. On ne parle pas beaucoup. J’ai l’impression que mon histoire leur fait peur.

Je n’ai jamais pu oublier. Je n’ai jamais pu faire comme si ça n’avait pas existé. Quand les Khmers rouges sont arrivés, j’ai perdu tout ce que j’aimais. Mes deux frères, mon père, disparus. Tués, sûrement. Mais je n’ai jamais su où. Aucun tombeau, aucune trace. Juste l’absence. Et moi, j’ai été emmenée avec d’autres femmes. On travaillait du matin jusqu’à la nuit, affamées, épuisées. J’ai vu des choses qu’aucun être humain ne devrait voir. Des enfants mourir pour un grain de riz. Des femmes battues pour une parole. Des gens creuser leur propre tombe.

Quand tout ça s’est arrêté, je pensais que la vie allait revenir. Mais la vie ne revient jamais comme avant. J’étais une autre. Je n’étais plus une femme, j’étais une carcasse vide qui avançait par habitude. J’ai eu des enfants, oui. Mais j’étais une mère abîmée. Je les ai aimés, bien sûr, mais j’étais souvent dure, silencieuse, enfermée dans mes souvenirs. Comment leur expliquer ce qu’on ne peut même pas dire avec des mots ? J’ai parfois l’impression que je leur ai transmis ma peur sans le vouloir.

Je suis bouddhiste, comme mes ancêtres. Je prie, j’allume de l’encens, je fais mes offrandes. Mais au fond de moi, il y a une colère que je n’ai jamais su apaiser. Pourquoi tant de souffrance ? Pourquoi moi ? Et pourquoi personne ne nous a jamais demandé pardon ?

Certains me disent : « Il faut tourner la page, grand-mère. » Mais comment tourner une page qui colle à la peau ? Je vis avec mes fantômes. Je dors peu. Les bruits forts me font sursauter.

Je ne suis pas amère. J’ai juste mal. Et je suis fatiguée. Je regarde le monde d’aujourd’hui, les jeunes qui rient, les téléphones, les motos, les magasins... et parfois je me demande si tout cela est réel, ou si c’est un rêve dont je vais me réveiller, encore une fois, dans un camp, les pieds dans la boue, le ventre vide.

Je voudrais croire en la paix. Je voudrais croire que mes souffrances ont servi à quelque chose. Mais je n’ai plus l’énergie. Je suis comme une vieille racine d’arbre : tordue, solide, mais fendue au cœur."

 

Matériau

  • Grès de Noron (Normandie)

  • Sculpture entièrement façonnée à la main

Dimensions

  • Longueur : 27,5 cm

  • Largeur : 21 cm

  • Hauteur : 27,8 cm

Poids

  • 4,350 kg

 

Inclus avec la sculpture

  • Certificat d’authenticité

  • Fiche d’entretien

  • Texte racontant l’histoire de Neang Sokha

 

Livraison

Cette sculpture étant une pièce unique en céramique fragile, il est fortement recommandé de venir la récupérer directement à l’atelier afin d’éviter tout risque d’endommagement lors du transport.

 

Une œuvre entre art et mémoire

Cette sculpture s’inscrit dans une démarche artistique engagée, où chaque pièce devient un support de transmission. À travers elle, l’artiste donne forme à des récits de vie singuliers, en lien avec son immersion au Cambodge, et interroge notre rapport à l’histoire, à la mémoire et à la résilience.

 

NEANG SOKHA is a handcrafted ceramic sculpture, shaped by hand in Noron stoneware. This unique piece pays tribute to memory, resilience, and life journeys marked by Cambodia’s history.

Through this work, ceramics become a powerful means of expression, at the crossroads of contemporary art and human testimony. The forms, volumes, and material convey a strong presence, imbued with dignity and depth.

Entirely handmade, NEANG SOKHA is an inhabited sculpture, created to evoke emotion, invite reflection, and give voice to stories that are often unseen.

 

Here is her story:

"My name is Neang Sokha. I am seventy-two years old, but sometimes I feel like I am a hundred. My body aches, but it is nothing compared to what my heart has carried for so many years. I live alone, in a small wooden house not far from Phnom Penh. My children have left. Some are nearby, others… I don’t know. We don’t speak much. I feel like my story frightens them.

I have never been able to forget. I have never been able to pretend it didn’t happen. When the Khmer Rouge arrived, I lost everything I loved. My two brothers, my father, gone. Killed, most likely. But I never knew where. No grave, no trace. Only absence. And I was taken away with other women. We worked from morning until night, starving, exhausted. I saw things no human being should ever see. Children dying for a grain of rice. Women beaten for a word. People digging their own graves.

When it all ended, I thought life would return. But life never comes back the same. I was someone else. I was no longer a woman, I was an empty shell moving out of habit. I had children, yes. But I was a damaged mother. I loved them, of course, but I was often harsh, silent, locked inside my memories. How do you explain what cannot even be put into words? Sometimes I feel I passed my fear on to them without meaning to.

I am Buddhist, like my ancestors. I pray, I light incense, I make offerings. But deep inside me, there is a anger I have never been able to soothe. Why so much suffering? Why me? And why has no one ever asked for our forgiveness?

Some people tell me, “You have to turn the page, grandmother.” But how do you turn a page that sticks to your skin? I live with my ghosts. I sleep little. Loud noises make me jump.

I am not bitter. I just hurt. And I am tired. I look at today’s world—young people laughing, phones, motorbikes, shops… and sometimes I wonder if it is real, or if it is a dream I will wake up from, once again, in a camp, my feet in the mud, my stomach empty.

I would like to believe in peace. I would like to believe that my suffering meant something. But I no longer have the strength. I am like an old tree root: twisted, strong, but split at the core."

 

Material

  • Noron stoneware (Normandy)

  • Fully hand-shaped sculpture

Dimensions

  • Length: 27,5 cm

  • Width: 21 cm

  • Height: 27,8 cm

Weight

  • 4.350 kg

 

Included with the sculpture

  • Certificate of authenticity

  • Care instructions sheet

  • A text telling Neang Sokha’s story

 

Delivery
As this sculpture is a unique and fragile ceramic piece, it is strongly recommended to collect it directly from the studio to avoid any risk of damage during transport.

 

A work between art and memory

This sculpture is part of an engaged artistic approach, where each piece becomes a medium for transmission. Through it, the artist gives form to singular life stories, rooted in their immersion in Cambodia, and invites us to reflect on our relationship with history, memory, and resilience.