Le lotus, la plante aux multiples facettes du Cambodge

Publié le 22 décembre 2025 à 09:00

Au Cambodge, le lotus pousse là où l’eau est reine. On le trouve dans les zones humides, les rizières inondées et les lacs, notamment autour du Tonlé Sap et dans la province de Siem Reap. Peu exigeante, cette plante se cultive sans pesticides ni engrais, grâce à sa résistance naturelle. Souvent produite de manière artisanale, elle fait partie intégrante du paysage agricole et du quotidien rural.

 

Un restaurant flottant au milieu d'une ferme de lotus dans la province de Siem Reap, 2023 - A flotting restaurant in a lotus farm in Siem Reap province, 2023 

 

Le lotus occupe aussi une place centrale dans la vie spirituelle. Dans les pagodes, il est offert lors des rituels bouddhistes et des grandes fêtes religieuses comme Pchum Ben (fête des mots) ou le Nouvel An khmer. Sa symbolique est forte : comme la fleur qui émerge d’une eau boueuse pour s’épanouir à la surface, il représente l’élévation de l’esprit au-dessus des souffrances du monde.

Mais le lotus ne se limite pas au sacré. Toutes ses parties sont utilisées en cuisine. Les graines, fraîches ou grillées, se dégustent comme encas. Les tiges entrent dans la composition de salades traditionnelles, tandis que les racines sont cuisinées en soupes ou sautées. Les fleurs, quant à elles, servent à préparer des infusions, des huiles ou des parfums. Dans de nombreuses régions rurales, le lotus constitue une ressource alimentaire précieuse.

On le retrouve également dans l’artisanat local. Les fibres extraites de ses tiges permettent de fabriquer un textile rare, parfois appelé « soie de lotus ». Cette technique, longtemps confidentielle, connaît aujourd’hui un renouveau, notamment dans des ateliers situés près du Tonlé Sap, qui associent préservation des savoir-faire et projets sociaux.

Enfin, en médecine traditionnelle ses fleurs et racines sont réputées pour leurs vertus calmantes, digestives et anti-inflammatoires.

Symbole de pureté, de sagesse et d’élévation spirituelle dans le bouddhisme theravāda, cette plante aquatique est à la fois sacrée et utilitaire. Il incarne la résilience et la beauté dans l’adversité. Le lotus est le reflet d’un mode de vie où nature, religion et tradition sont étroitement liés.

 

Une fleur de lotus, 2025 - A lotus flower, 2025

The Lotus: A Plant with Many Facets in Cambodia

 

In Cambodia, the lotus thrives wherever water dominates the landscape. It grows in wetlands, flooded rice fields, and lakes, particularly around Tonlé Sap and in Siem Reap province. Undemanding by nature, the lotus is cultivated without pesticides or fertilizers thanks to its natural resilience. Often grown using traditional methods, it is an integral part of the agricultural landscape and everyday rural life.

 

Un champs de Lotus, 2023 - A lotus field, 2023

 

The lotus also holds a central place in spiritual life. In pagodas, it is offered during Buddhist rituals and major religious festivals such as Pchum Ben and the Khmer New Year. Its symbolism is powerful: like the flower that rises from muddy water to bloom at the surface, it represents the elevation of the spirit above worldly suffering.

Yet the lotus is not limited to the sacred. Every part of the plant is used in cooking. The seeds, fresh or roasted, are enjoyed as snacks. The stems are used in traditional salads, while the roots are cooked in soups or stir-fried dishes. The flowers are used to prepare infusions, oils, and perfumes. In many rural areas, the lotus is a valuable food resource.

The plant also appears in local handicrafts. Fibers extracted from the stems are used to produce a rare textile sometimes referred to as “lotus silk.” This technique, once little known, is now experiencing a revival, particularly in workshops near Tonlé Sap that combine the preservation of traditional skills with social development projects.

Finally, in traditional medicine, lotus flowers and roots are valued for their calming, digestive, and anti-inflammatory properties.

A symbol of purity, wisdom, and spiritual elevation in Theravāda Buddhism, this aquatic plant is both sacred and practical. It embodies resilience and beauty in adversity, reflecting a way of life in which nature, religion, and tradition are deeply interconnected.